NICOLLE Charles catégorie (Rouen, 1866-Tunis, 1936)
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- Catégorie : Biographies
- Publié le lundi 28 novembre 2011 23:23
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Médecin et bactériologiste français.
Comme la plupart des enfants issus des classes aisées, le jeune Charles fréquente le lycée Corneille où son père et ses frères s’étaient déjà illustrés. Très instruit, principalement dans les matières littéraires, il suit pourtant la voie tracé par son père, Eugène Nicolle (1832-1884), médecin chef des Hôpitaux de Rouen, et son frère aîné, Maurice (1862-1932), microbiologiste, professeur à l’Institut Pasteur de Paris puis Directeur de celui de Constantinople. Le second frère, Marcel (1871-1934), artiste peintre, conservateur du Musée de Lille et attaché auprès du Louvre, sera reconnu comme critique d’art.
Elève à l’Ecole de médecine de Rouen dès 1884, Charles part ensuite rejoindre son frère à Paris afin de poursuivre ses études. Entré à l’Institut Pasteur où son frère aîné l’a précédé, élève de Metchnikoff et de Roux, il prépare sa thèse sur le chancre mou qu’il soutiendra en 1893. Docteur en médecine, il s’installe à Rouen au 7, place de la Rouge Mare. Professeur puis médecin des Hôpitaux (1894), il subit très tôt une surdité handicapante qui le fait s’orienter tout naturellement vers la recherche en laboratoire et plus précisément en microbiologie.
Septembre 1894 marque une étape décisive dans sa carrière. Lorsque Roux annonce sa découverte d’un sérum antidiphtérique prometteur par ses résultats, Nicolle se lance dans sa préparation : une centaine de vies seront sauvées dans la région. L’année suivante, il intègre le service de sérologie nouvellement créé. Nicolle travaille alors comme un forcené sur cette nouvelle science qu’est la microbiologie. Toutefois, malgré l’immense succès de ses actions (lutte contre l’alcoolisme et la tuberculose) et de son cours de microbiologie, sa situation matérielle se détériore. Il ne peut obtenir un autre statut que professeur suppléant, sa clientèle privée s’est vue diminuée par son acharnement à ses recherches et le laboratoire de bactériologie souffre de la mauvaise volonté de son supérieur, le docteur Brunon. Affecté par ces luttes continuelles, Nicolle préfère abandonner sa vie rouennaise. En 1901, on lui propose la direction de l’Institut Pasteur de Tunis. Après maintes réflexions, il donne sa démission et débarque à Tunis le 23 décembre 1902. Ses recherchent l’orientent dès 1903 à lutter contre un grand nombre de maladies dont le typhus exanthématique. C’est dans le cadre de ce travail qu’il découvre en 1909 la transmission de ce fléau par le pou. Cette découverte épargnera de nombreuses vies surtout durant la Première Guerre Mondiale et lui vaudra le Prix Nobel de Médecine en 1928.
Auteur de la notion de “ maladies inapparentes ”, Charles Nicolle a tenté de faire admettre qu’un porteur sain puisse être à l’origine d’une épidémie. Chercheur intransigeant et rigoureux, érudit et écrivain, son cœur restera partagé entre sa ville natale et son pays d’adoption. Il décède à Tunis, le 28 février 1936. En reconnaissance pour ses travaux, l’Hôpital Général de Rouen décide, en 1953, de nommer l’établissement Hôpital Charles Nicolle, juste reconnaissance pour ce Nobel rouennais expatrié.







