Category Archives: Patients célèbres

Georges BIZET [1838-1875]

Les crises de rhumatisme dont souffre Bizet s’intensifient à partir de mai 1875, rendant de plus en plus pénible et laborieux son travail. Ses crises le fragilisent au point de subir des accidents cardiaques successifs.

Il meurt le 3 juin 1875, à l’âge de 37 ans. Ne dit-on pas du streptocoque  à l’origine de cette pathologie, qu’il « lèche les articulations et mord le cœur » ?

Source
Remy Stricker. Biographie de Georges Bizet. Paris, Gallimard, 1999

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Henri BERGSON [1859-1941]

Prix Nobel de littérature (1928), il obtient une chaire au Collège de France et siège à l’Académie française, un joli parcours pour cet agrégé de philosophie (1881) et de lettres (1889).

Normalien, puis universitaire, ce philosophe se fit également remarquer par son talent diplomatique. Sa pensée a été très influente entre les deux guerres mondiales. En tant que juif et multi-culturel (sa mère était d’origine anglaise et son père d’origine polonaise), il fut très affecté par la montée du nazisme.

Souffrant d’un oedème aigu des poumons, il décède le 4 janvier 1941 à l’âge de 82 ans. Cela lui permettra au moins de ne pas avoir à supporter l’horreur des camps…

Source
Isabelle Bricard. Dictionnaire de la mort des grands hommes. Paris, Le Cherche Midi Editeur, 1995

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Arthur James BALFOUR [1848-1930]

L’auteur de la fameuse « Déclaration Balfour » qui engageait la Grande-Bretagne à favoriser le retour des juifs en Palestine. Un peuple sans terre, pour une terre sans « peuple »… mais avec beaucoup d`Histoire…

Arthur James BALFOUR succombera de la diphtérie en 1930.

Source
Reviews of Infectious Diseases, n°6, vol.6, November-December, 1984

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Mohamed ALI (Cassius CLAY) [1942]

Mohamed ALI (Cassius Clay avant sa conversion à l’Islam), l’un des plus grands boxeurs de tous les temps est mis K.O. par une maladie neurologique.

Parkinsonien, il aurait « contracté » la maladie suite à des traumatismes cérébraux répétés. Sportif d’exception (durant sa vie de champion 1964-1974, dont l’anthologique combat contre Jo Frazier en 1974 à Kinshasa) et militant en lutte sur différents fronts, son histoire croise celle de l’Amérique des années 60-70 :  le Vietnam,  la contestation étudiante, le racisme, Malcolm X, et le pouvoir déjà omniprésent des médias.

Baudoin IV [1160-1185]

Sa maladie fut dépistée alors qu’il n’avait que 9 ans ce qui ne l’empêche pas de monter sur le trône à la mort de son père en 1174, à l’âge de 14 ans.

Malgré les souffrances que  la lèpre lui fait endurer, il s’efforce d’être un grand roi  Franc de Jérusalem. Combattant sans cesse les musulmans, Baudoin IV fut par deux fois le vainqueur de Saladin (1176 et 1177), avec lequel il conclut la paix en 1180, obtenant le statu quo. Lorsque Baudoin devint incapable de monter à cheval, il se faisait porter sur les champs de bataille pour ranimer le courage de ses guerriers.

Deux ans avant de mourir le roi lépreux laisse le trône  à son beau-frère, Guy de Lusignan, qui se révèle incompétent. Les difficultés de la succession ne font qu’anticiper une suite de disputes qui allaient mettre a mal l’Empire latin d’Orient. Baudoin IV mourra à l’âge de 25 ans.

Maria CALLAS (1923-1977)

Née le 2 décembre 1923 à New York, celle qui deviendra sans doute la plus grande cantatrice, tout au moins la plus connue, marqua le XXème siècle en mettant en avant le jeu d’acteur qui passait au second plan jusque là.

Sophie Cecilia Kalos de son vrai nom, subira une première expérience « médicale » malheureuse à l’âge de 5 ans : fauchée par une voiture en pleine rue, elle reste inconsciente une dizaine de jours et passe ensuite 3 semaines à l’hôpital le temps de se remettre de cette aventure.

Entre 1953 et 1954, Maria CALLAS de constitution assez forte, perd plus de 30 kg grâce à un régime selon certaines sources… suite à la contraction d’un ténia selon d’autres.

Officiellement elle décède d’une embolie pulmonaire le 16 septembre 1977 à Paris. Certains ont pu avancer qu’elle avait été assassinée tandis que d’autres, Franco Fussi et Nico Paolollo notamment, sont persuadés que la cantatrice est morte des suites d’une maladie dégénérative des cordes vocales.

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Stefan ZWEIG

Il y a 132 ans aujourd’hui, le 28 novembre 1881, naissait celui qui allait devenir l’un des plus grands écrivains du XXème siècle.

Né en 1881 à Vienne dans une famille juive, dramaturge, biographe, nouvelliste et journaliste, Stefan ZWEIG a entretenu une correspondance soutenue avec Sigmund FREUD durant plus de trente ans.

FREUD dira de ZWEIG : « Votre type est celui de l’observateur, de celui qui écoute et lutte de manière bienveillante et avec tendresse, afin d’avancer dans la compréhension de l’inquiétante immensité ».

En 1933, quand Hitler accède au pouvoir, ZWEIG s’exile au Brésil où, désespéré, pessimiste de nature et déprimé il finira par se donner la mort avec sa femme le 22 février 1942 pensant que le IIIème Reich allait remporter la guerre et dominer l’Europe.

Le 22 février 1942, Stefan Zweig rédige le message d’adieu suivant :

« Avant de quitter la vie de ma propre volonté et avec ma lucidité, j’éprouve le besoin de remplir un dernier devoir : adresser de profonds remerciements au Brésil, ce merveilleux pays qui m’a procuré, ainsi qu’à mon travail, un repos si amical et si hospitalier. De jour en jour, j’ai appris à l’aimer davantage et nulle part ailleurs je n’aurais préféré édifier une nouvelle existence, maintenant que le monde de mon langage a disparu pour moi et que ma patrie spirituelle, l’Europe, s’est détruite elle-même.

Mais à soixante ans passés il faudrait avoir des forces particulières pour recommencer sa vie de fond en comble. Et les miennes sont épuisées par les longues années d’errance. Aussi, je pense qu’il vaut mieux mettre fin à temps, et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde.

Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l’aurore après la longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux. »

Stefan Zweig, Pétropolis, 22-2-42

> Zweig dépressif…

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Vaslav NIJINSKI (1889-1950)

Danseur et chorégraphe russe.

Vaslav Nijinski

Vaslav Nijinski

Le célèbre danseur russe d’origine polonaise est mort à Londres le 8 avril 1950 à 60 ans d’une infection rénale qui peut-on dire le délivra de la vie. Il vécut en effet durant 30 ans dans l’enfer de la schizophrénie.

Cocteau appelait l’homme aux yeux d’huîtres celui dont les sauts et les bonds prodigieux ont longtemps dominé la chorégraphie de son époque.

Il fut le créateur de Schéhérazade, du spectre de la rose et de Pétrouckha.

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Jean le ROND D’ALEMBERT (1717-1783)

Philosophe, écrivain et mathématicien français.

Jean le Rond D'Alembert

Jean le Rond D’Alembert

Il fut avec Diderot l’un des auteurs de la célèbre Encyclopédie dont il décrivit dans le préliminaire, la philosophie naturelle et l’esprit scientifique qui présidaient à cette œuvre entreprise.

Jean le Rond d’Alembert est mort à l’âge de 66 ans de la maladie de la pierre dont il refusa obstinément de se faire opérer. On ne peut lui en vouloir sachant les douleurs et souffrances terribles ainsi que l’incertitude des résultats accompagnant cette opération.

Profondément anticlérical, la veille de sa mort, il répondit avec humour à son curé qu’il irait « le voir demain ».

Son ami, Condorcet lui ferma les yeux.

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BOSSUET (1627-1704)

Jacques Bénigne Bossuet était un homme d’Église, prédicateur et écrivain français.

Bossuet

Bossuet

« Quelle magnifique chose que les Oraisons funèbres de Bossuet ! Quelle pompe, quelle grandeur, quelle ampleur et quelle cadence dans ce style vraiment royal ! Il semble qu’il parle d’une autre race d’hommes à une autre race d’hommes. » Comtesse d’AGOULT

Prélat, Evêque de Condom rendu célèbre par ses prédications. Son œuvre oratoire tonnait avec force et virulence du haut de sa chair et planait sur l’assistance. Il fut très vite et à ce titre, surnommé l’aigle de Meaux, ville dont il fut évêque et où il est enterré.

La maladie de la Pierre est semble-t-il la cause de sa mort qui survient le 12 avril 1704 à Paris.

Dans les oraisons funèbres, il avait souvent rappelé que la vrai grandeur d’une destinée humaine résidait dans une mort saine. Bossuet sut mettre ce précepte en pratique et rendre simple un enterrement que sa célébrité prévoyait fastueux.

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